Deux villes historiques disparues des Antilles

Au milieu des années 1600, deux villes dominaient les Antilles. Aujourd’hui ni l’une ni l’autre n’existe encore.

Chez les Anglais : Port-Royal, Jamaïque 

Pourquoi est-ce qu’elle n’existe plus ? Un tremblement de terre a englouti la ville 

Port-Royal a déjà été la seconde plus grosse ville d’Amérique. Après que les Britanniques l’eurent arraché à l’Espagne en 1650, Port-Royal est devenue l’un des endroits les plus riches de la planète.

Situé sur la côte sud-est de la Jamaïque, le port naturel de Port-Royal est devenu le centre de la vie anglaise en Jamaïque. À son apogée, elle était devenue l’une des plus grandes villes européennes du Nouveau Monde, juste derrière Boston. L’endroit était également devenu le foyer des pirates, des prostituées et des Anglais en devenir. Loin de chez eux, ils tiraient leur subsistance de la traite d’esclaves, du travail forcé dans les plantations et de l’argent que les pirates avaient rapporté de leurs incursions de pillage contre les Espagnols.

Le tremblement de terre de 1692, a fait disparaître cette ville. Un survivant a écrit : « étant dans une taverne, nous avons senti la maison trembler et avons vu les briques commencer à se soulever sur le sol. Nous avons immédiatement quitté la maison et nous avons vu tout le monde, les mains levées, implorant l’aide de Dieu. Nous avons continué à courir dans la rue, tandis que de chaque côté de nous, nous voyions des maisons englouties, d’autres jetées en tas, le sable dans la rue se levant comme les vagues de la mer, soulevant toutes les personnes qui se trouvaient dessus et retombant immédiatement dans des fosses ; et au même instant, un flot d’eau s’introduisant et roulant ces pauvres âmes à plusieurs reprises, certains attrapant des poutres et des chevrons des maisons, d’autres ont été trouvés dans le sable lorsque l’eau a été évacuée, les jambes et les bras écartés, nous observons ce spectacle lugubre. »

Chez les Français : Fort-Royal, Martinique

Pourquoi est-ce qu’elle n’existe plus ? L’éruption volcanique de la montagne Pelée a détruit la ville de Saint-Pierre en 1902.

En 1638, Jacques Dyel du Parquet décida de faire construire le fort Saint-Louis pour protéger la ville contre les attaques de l’ennemie. Nommée à l’origine Fort-Royal, la capitale de la Martinique était dominée par Saint-Pierre, la plus vieille ville de l’île, réputée pour son dynamisme commercial et culturel sous le titre « Le Paris des Caraïbes ». 

Le nom de Fort-Royal a été changé pour Fort-de-France au 19e siècle. L’ancien nom de Fort-Royal est encore couramment utilisé aujourd’hui dans sa forme créole de « Foyal », les habitants de la ville étant « Foyalais ».

Saint-Pierre, la ville disparue, était autrefois la capitale économique, culturelle et politique de la Martinique. Le « Paris des Antilles », en 1900, possédait l’électricité, un tramway, une trentaine de rhumeries, une maison coloniale de santé, un jardin botanique et un théâtre construit sur le modèle du grand théâtre de Bordeaux, mais tout ça n’existe plus…

On le surnomme le Pompéi des Caraïbes depuis que la montagne Pelée éclata. L’onde de choc a été d’une telle violence que les Pierrotins n’ont pas le temps de fuir. Une nuée ardente s’est abattue sur la ville à 500 km/h et a brûlé tout ce qui se trouvait sur son passage. En trois minutes, peut-être moins, un nuage de cendres est sorti du volcan et a recouvert la ville, calcifiant les occupants et détruisant les bâtiments. Sur les 30 000 habitants estimés, un seul a survécu à l’explosion, un homme jeté en prison une nuit pour cause d’ivresse. Le sort a fait qu’il était protégé par les murs épais de sa cellule. Une fois libéré, le prisonnier a travaillé pendant plusieurs années pour le cirque de Barnum & Bailey Circus.

Sa cellule est l’une des ruines les plus facilement identifiables. Elle est derrière le théâtre de Saint-Pierre, jadis célèbre.

Devant le théâtre se trouve une statue obsédante d’une femme qui a l’air d’avoir été calcifiée lors de l’éruption. Criant de douleur, elle symbolise l’agonie de Saint-Pierre.

À ne pas manquer : le musée de la volcanologie, ouvert tous les jours. Il contient de nombreux objets carbonisés et déformés, des photographies de la catastrophe et des horloges déformées arrêtées à 8 heures du matin. Les ruines, qui couvrent deux terrasses, et le musée prennent environ une heure et demie pour les visiter à fond.

Photos
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Image - Sylvain Bolduc
Sylvain Bolduc